Nous ne sommes plus en démocratie, nous sommes en lobbycratie.

Les multinationales, les trusts, les différents grands secteurs d’activité (exemple : les pétroliers, les banques, les multinationales de tous types) sont prêts à tout pour réussir à contrôler  et accroître leur domination sur l’économie et la politique. Pour cela il est important de contrôler nos politiques. Ils utilisent différentes méthodes dont le lobbying. Il peut prendre différentes formes et se cache un peu partout, il consiste à soudoyer d’une manière ou d’une autre, de mettre la pression ou de convaincre par n’importe quel moyen nos dirigeants pour qu’ils suivent leurs indications et leurs préconisations.

Un exemple: je vous présenterai la technique de Goldman Sachs qui est de placer ou de promettre de recruter des politiques ou hauts fonctionnaires dans tous les gouvernements ou les différentes institutions mondiales.

Goldman Sachs tableau dirigeants européens

Ils implantent au sein même de l’union européenne leurs agents pour que les politiques de l’Europe tendent dans leur sens quoi qu’il arrive.

Goldman Sachs tableau dirigeants européens_2

Ils le font aussi dans chaque pays à différents niveaux de l’État pour augmenter leur contrôle sur les décisions politiques pouvant être adoptées.

Quand ce ne sont pas des anciens de Goldman Sachs,  il recrute la personnalité politique à posteriori une fois qu’ils ont fait du bon travail pour eux.

Voilà deux exemples qui montrent bien le risque de collusion avant ou après avoir eu des fonctions d’État. Une personne lambda signant un contrat de travail aura souvent dans ce dit contrat une clause de non-concurrence pendant et après son contrat lui interdisant de travailler pour des secteurs d’activité proche ou pouvant avoir un rapport avec son ancienne fonction (on trouve ce genre de clause même pour des personnes qui travaillent dans le nettoyage d’immeubles). Mais quand vous travaillez pour l’État, pas de problème, après vos fonctions régaliennes vous pouvez être embauché par une entreprise privée pour qu’elle profite de votre carnet d’adresses ou pour services rendus.

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Le contre-pouvoir face aux 147 sociétés qui contrôlent le monde

Pour quelle raison il est important que les consommateurs soient conscients de leur pouvoir :  il est le seul contre-pouvoir qui existe actuellement, face au réseaux des multinationales, puissant mais destructeurs, qui détiennent le monde entre leurs mains.

Cliquez sur l’icône en bas à droite de la vidéo (après avoir cliquer sur ‘play’) pour les sous-titres en français

Une étude pointue sur le réseau de contrôle, de la possession directe ou indirecte dans l’économie mondiale, a été publiée en 2011. Elle révèle que les 147 FTN (firmes transnationales) contrôlent l’ensemble de l’économie mondiale.

The 1318 transnational corporations that form the core of the economy. Superconnected companies are red, very connected companies are yellow. The size of the dot represents revenue Les 1318 FTN qui forment le cœur de l’économie. Les entreprises supers connectées sont en rouge, les entreprises très connectées sont en jaune. La taille du point représente leurs revenus.

Etude original ici et la traduction en français ici.

Ces sociétés ont un seul objectif : augmenter leurs profits à tout prix. Elles sont prêtes à détruire l’environnement, empoisonner ses habitants avec des produits chimiques et toxiques, licencier des employés et délocaliser les productions dans des pays à bas coût de main-d’œuvre, etc. Nous pourrions citer des dizaines d’exemples qui prouvent largement la voracité du néolibéralisme de ces multinationales : les ventes d’eau en bouteilles contaminées par des produits chimiques nocifs, les ventes de viandes traitées aux hormones, pleines d’antibiotiques et trempées dans l’eau de javel à la fin de la chaîne, l’utilisation d’irritants cancérigènes ou perturbateurs endocriniens dans la plupart des cosmétiques industriels, et la liste continue. Toutes ces activités sont approuvées par des comités consultatifs où les conflits d’intérêts sont présents lorsque les membres détiennent leurs propres intérêts financiers sur des questions qui les concernent .

multinationale controle map

Malheureusement, dans le monde où nous vivons aujourd’hui , nous ne pouvons pas faire confiance à ces sociétés transnationales, ou aux autorités officielles qui approuvent des produits destinés à être vendus dans les supermarchés, quels que soient leurs dangers connus. Cependant, des consommateurs informés peuvent faire toute la différence, il faut veiller à ce que les produits mis à notre disposition sont sûrs et réalisées dans des conditions équitables, favorables à une économie réelle plus riche et profitant à la majorité. Si seul un petit pourcentage d’entre nous commence à consommer à bon escient, et arrête d’alimenter le réseau des FTN qui contrôlent le monde, leur pouvoir s’épuiserait rapidement, leurs actionnaires commenceraient à déserter ces sociétés transnationales, les laissant vulnérables, touchées en plein cœur. Il ne faut que 25 % des consommateurs pour commencer une révolution économique.

Une loi visant à augmenter la puissance des multinationales (loi El Khomri)

noam chomsky fr

Voici un article qui montre bien que les lois ne sont pas votées au service de la majorité mais par la volonté d’une minorité pour une minorité. La loi El Khomri est une loi voulue par le syndicat représentant les multinationales, MEDEF (Mouvement des Entreprises de France) et risque d’être adoptée bientôt, grâce à un lobbying acharné pour les multinationales et exclusivement à leur service.

En fait cette loi ne fait qu’aggraver le problème.  Elle déserte les petites entreprises et l’artisanat au profit des sociétés de la bourse.  Les multinationales obtiennent par cette loi la casse des derniers acquis sociaux spécifiques français qui protégeaient encore les salariés contre le grand patronat.

Voici l’exemple d’un patron de PME qui est contre cette loi.

altereco

source:  alterecoplus.fr

La loi El Khomri est au mieux inutile, au pire néfaste pour une PME comme la mienne. Je dirige une PME de 80 salariés. Nous développons des logiciels sous licences libres et proposons des services aux collectivités locales pour mettre en œuvre ces logiciels. Mon entreprise existe depuis 1981 et a connu des périodes fastes et des périodes difficiles. Notre principal capital, ce sont nos collaborateurs qui ont acquis notre culture d’entreprise, qui maîtrisent nos technologies et connaissent les besoins de nos clients.

La loi El Khomri repose sur deux axes : faciliter les licenciements en cas de difficulté passagère et inverser la hiérarchie des normes (1). Une PME sous tension n’a pas besoin qu’on lui facilite les licenciements. Elle a besoin qu’on l’aide à garder ses équipes et à maintenir sa trésorerie à flot.

Conserver les talents

Le plus important, dans les périodes difficiles, est de conserver les talents et les compétences des collaborateurs dans l’entreprise et que les difficultés passagères de trésorerie n’impactent pas trop la motivation, pour nous permettre de rebondir au plus vite. Pour une PME, le recrutement est un processus long et très coûteux.  Notre turn over est faible, ce qui signifie qu’il n’y a pas un flux important de salariés qui sortent et qui entrent chaque année. De ce fait, l’intégration de chaque nouvelle personne se fait à la carte et c’est un processus assez long. Si durant une période de crise, nous sommes contraints de licencier, nous mettrons plusieurs années à rebondir, car le fait d’avoir dû se priver du personnel compétent est un facteur aggravant.

Des partis comme Nouvelle Donne (2) proposent des solutions qui me paraissent plus appropriées. Elles sont inspirées du Kurzarbeit allemand ou du Programme de travail partagé canadien. Ces mécanismes permettent à des entreprises en difficulté de réduire temporairement le temps de travail des équipes pour éviter les licenciements. Le temps non travaillé est pris en charge par l’assurance chômage, ce qui permet de maintenir le pouvoir d’achat des salariés. Dès que l’activité repart, l’entreprise peut remettre les équipes au temps de travail normal. Tout le monde y gagne, l’entreprise a gardé les compétences, les salariés ont conservé leurs revenus et leur travail et la collectivité n’a pas à gérer de nouveaux chômeurs.

L’inversion de la hiérarchie des normes me parait également dangereuse. Dans une période de fort chômage et de pression pour faire baisser les coûts de production dans tous les secteurs, elle va introduire une nouvelle forme de concurrence entre les entreprises. Celles ayant le meilleur rapport de force vis-à-vis de leurs salariés vont pratiquer un dumping social qui va leur donner un avantage compétitif durable vis-à-vis de leurs concurrents. Le « génie » de cette loi est donc d’importer dans les secteurs non encore exposés à la concurrence internationale l’avantage au moins disant social, dont ont déjà souffert les secteurs exposés à la concurrence des pays en développement ou d’Europe de l’Est. Je pense que ce sont les grandes entreprises, qui disposent de services juridiques conséquents, qui tireront le meilleur parti de ces dispositions, au détriment des PME.

Facilités de trésorerie et délais de paiement

Pour renforcer la solidité financière des PME, il faudrait tout d’abord que l’Urssaf accorde sans formalités des facilités de trésorerie en cas de nécessité. Il faudrait aussi contraindre les administrations et les grandes entreprises à honorer leurs créances vis-à-vis des PME. Les collectivités locales et l’Etat doivent en théorie verser automatiquement des intérêts moratoires en cas de retard de paiement.  En pratique, elles ne le font quasiment jamais. Quant aux retards de paiement des grandes entreprises vis-à-vis de PME, ils totalisent 16 milliards d’euros. Une loi travail qui se soucie des PME devrait s’attaquer à ces problèmes en priorité.

Les patrons investiront et créeront des emplois s’ils pensent que leurs produits et leurs services trouveront des clients solvables. Ce qui suppose que le pouvoir d’achat des consommateurs soit sauvegardé et que les budgets d’investissement et de fonctionnement des acheteurs publics soient pérennes. Les signaux envoyés par ce gouvernement et les précédents ne me rendent pas particulièrement optimiste.

Arnaud Lelache, PDG de l’Agence Française Informatique (AFI)

  1. La hiérarchie des normes suppose, dans une logique descendante, que la loi s’impose à l’accord de branche et à l’accord d’entreprise. Un accord d’entreprise peut déroger à un accord de branche ou au droit commun s’il s’avère plus favorable, en vertu du principe de faveur. L’inversion de la hiérarchie des normes permet à un accord d’entreprise de déroger à un accord de branche – tout comme ce dernier peut déroger au code du travail –, même si son contenu est moins-disant.
  2. Dont l’auteur de cette tribune est adhérent.