réversion : mauvais coup pour les retraités modestes, jackpot pour les plus aisés

La réforme des retraites prévoit une refonte des pensions de réversion, dont la nouvelle formule doit répondre à “un objectif de solidarité”. Mais dans les faits, elle pénalisera de nombreux ménages modestes en favorisant les plus aisés. Les conditions d’accès seront aussi durcies, avec une suppression en cas de remariage du conjoint survivant.

Une refonte totale. La réforme des retraites du gouvernement prévoit de bouleverser les règles de la réversion, qui permet aux veufs de toucher une partie de la pension de leur conjoint décédé. Les règles de calcul seront ainsi remaniées pour les assurés nés après 1975 : le montant versé garantira au conjoint survivant un revenu égal à 70% des retraites totales du couple. De quoi mieux préserver son niveau de vie et répondre à “un objectif de solidarité“, selon le gouvernement. Mais dans les faits, cette nouvelle formule sera moins favorable pour de nombreux retraités modestes, et profitera à l’inverse aux ménages aisés. L’exécutif prévoit aussi de durcir les conditions d’accès à la réversion, qui sera notamment coupée en cas de remariage du conjoint survivant.

La pension de réversion représente un enjeu majeur pour de nombreux retraités. Ils étaient 4,4 millions à en toucher une fin 2017 selon la Drees, dont 88% de femmes. De quoi augmenter leur pension de 630 euros bruts par mois en moyenne. Ce bonus répond à un double objectif : “[permettre] aux veuves de conserver un niveau de vie satisfaisant” et “[compenser], en partie, les différences de niveau de retraite entre les femmes et les hommes“, expliquait dans un article publié en février 2019 Henri Sterdyniak, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). La réversion doit ainsi éviter que les revenus de la conjointe survivante chutent trop brutalement après la mort de son époux. Ce filet de sécurité est d’autant plus nécessaire que la retraite des femmes est très souvent inférieure à celle de leur mari, leur carrière étant plus affectée par le mariage (à travers un temps partiel pour s’occuper des enfants par exemple).

Cette garantie d’un niveau de vie stable serait renforcée par les nouvelles règles, selon le gouvernement. La réforme prévoit que la réversion portera le revenu de la veuve à une part des retraites totales que recevaient les époux, fixée à 70% dans l’étude d’impact. Prenons l’exemple d’un couple de retraités “standard”, où l’homme touche 1.740 euros bruts par mois et son épouse 1.070 euros. Leur total de pensions est alors de 2.810 euros par mois. Après le décès du mari, la réversion garantira à la veuve 70% de cette somme, soit 1.970 euros par mois. Elle sera ainsi égale à la différence entre ce montant et la pension de la retraitée, soit 900 euros bruts par mois. De quoi “assurer au conjoint survivant le même niveau de vie qu’avant le décès de son conjoint“, défend Henri Sterdyniak. Ces règles s’appliqueront à l’ensemble des retraités, alors qu’elles diffèrent aujourd’hui selon les régimes.

REDISTRIBUTION À L’ENVERS

Mais à y regarder de plus près, les conséquences concrètes de la réforme s’éloignent de “l’objectif de solidarité” brandi par le gouvernement. Dans la pratique, le taux à 70% prévu sera moins favorable que les règles actuelles pour de nombreux retraités modestes. Pour ceux du régime général, la réversion est aujourd’hui égale à 54% de la pension du conjoint décédé, auxquels s’ajoutent 60% de sa complémentaire. Dans notre exemple d’un mari à 1.740 euros par mois, sa conjointe touche ainsi 960 euros de réversion par mois au moment de son décès. Soit 60 euros de plus que ce qu’elle recevrait dans le nouveau système, une différence notable.

Le nouveau mode de calcul sera d’autant plus pénalisant que les pensions des conjoints étaient proches. Prenons le cas d’un couple de retraités du régime général, où les deux époux touchent tous les deux 1.250 euros par mois. Dans l’ancien système, le survivant aurait reçu une réversion de 700 euros bruts par mois. Après la réforme, elle ne sera plus que de 500 euros bruts : la perte est de 200 euros par mois, un gouffre. Des retraités mariés ne reçoivent aujourd’hui une pension aussi proche que dans peu de cas, celle de l’épouse étant le plus souvent inférieure. Mais de plus en plus de ménages seront dans cette situation à l’avenir, alors que les revenus des femmes et des hommes se rapprochent au fil des générations.

A l’inverse, les nouvelles règles seront favorables pour les veuves dont la retraite était largement inférieure à celle de leur mari. Dans un exemple où l’épouse n’avait aucune pension propre, elle touchera 70% de celle de son conjoint décédé, puisque cette dernière représentait l’ensemble des revenus du couple. Elle sera donc gagnante par rapport à l’ancien système, où elle aurait perçu un peu plus de la moitié de la retraite de son conjoint. Dans le détail, “la veuve d’un salarié y gagne si sa pension était inférieure à 47% de celle de son mari“, calcule l’économiste Henri Sterdyniak. Mais seule une petite minorité d’épouses seront dans cette situation. “A l’heure actuelle, environ 35% des veuves ont une pension inférieure à la moitié de celle de leur mari“, estime Henri Sterdyniak. Et cette proportion promet de diminuer encore d’ici l’entrée en vigueur des nouvelles règles, les écarts de revenus étant plus faibles dans les couples nés après 1975.

Une deuxième catégorie sera gagnante : les retraités avec un niveau de vie au-dessus de la moyenne. La réversion est aujourd’hui soumise à un plafond de ressources dans le régime général de base, fixé à 1.760 euros par mois. Elle est ainsi réduite si les revenus du conjoint survivant dépassent ce montant. C’est le cas dans l’exemple d’un couple où l’épouse touche 1.230 euros de pension par mois, et son époux 2.000 euros. Après le décès de son conjoint, la veuve ne touchera que 845 euros par mois (contre 1.100 euros s’il n’y avait pas de plafond). Cette contrainte sera supprimée par la réforme : une retraitée dans la même situation touchera alors 1.030 euros de réversion par mois. Le gain est considérable, à 185 euros bruts par mois.

ETUDE D’IMPACT TROMPEUSE

Les gagnants seront plus nombreux chez les conjoints de fonctionnaires. Les veuves des retraités des trois fonctions publiques touchent aujourd’hui 50% de la pension de leur mari décédé. Et ce sans plafond de ressources. Avec les nouvelles règles de calcul, toutes celles dont la pension était inférieure aux deux tiers de celle de leur époux toucheront une meilleure réversion. Dans l’exemple d’un couple où le mari décédé touchait 2.000 euros par mois et sa veuve 1.100 euros, cette dernière touchera 70 euros en plus avec la réforme. Mais dans le cas où les époux gagnent tous les deux 2.000 euros de retraite, la conjointe survivante percevra 200 euros de moins que ce qu’elle aurait eu dans l’ancien système.

La réforme de la réversion pénalisera donc de nombreux retraités modestes, en favorisant les plus aisés. Un effet pervers majeur, et pourtant invisible dans l’étude d’impact du gouvernement. Ce document envoyé aux députés montre même l’inverse : dans les cas-types présentés, les retraités modestes sont ceux qui profitent des nouvelles règles, alors que ceux ayant de meilleurs revenus sont perdants. Deux astuces expliquent ce camouflage. La pension du conjoint décédé est tout d’abord bien supérieure à la moyenne dans tous les exemples, à 2.000 euros par mois. Conséquence : quand la veuve a une pension faible, l’écart avec celle de son mari est assez important pour en faire une gagnante. Et quand sa pension est élevée ? C’est là qu’intervient la deuxième entourloupe : les montants présentés comme ceux du système actuel n’intègrent pas le plafond de ressources. De quoi largement surévaluer les pensions de réversion versées aujourd’hui, et maquiller le gain que représentera la réforme pour les veuves les plus aisées.

LE CASSE-TÊTE DES DIVORCÉS

En plus de modifier la formule de la pension de réversion, la réforme durcira ses conditions d’accès. Les veuves devront avoir été mariées pendant deux ans ou plus, ou avoir eu au moins un enfant avec leur conjoint décédé pour la toucher. Surtout, elles verront leur pension de réversion supprimée si elles se remarient après le décès de leur époux défunt. Autant de conditions qui n’existent pas aujourd’hui dans le régime général. Des contraintes similaires existent toutefois déjà pour les veuves de fonctionnaires, qui doivent avoir été mariées pendant quatre ans (ou avoir eu un enfant) et ne pas s’être remises en couples.

Alors que le gouvernement avait aussi envisagé de supprimer la réversion pour les conjoints divorcés, elle sera finalement maintenue. Cette question n’était pas tranchée dans le projet de loi, qui la renvoyait à une future ordonnance. Pour préparer ce texte, la rédaction d’un rapport avait été confiée à Bertrand Fragonard, président du Haut conseil de la Famillle, de l’Enfance et de l’Âge, et à Anne-Marie Leroyer, professeure de droit à la Sorbonne. “La logique de maintien des ressources des personnes veuves impliquerait de n’accorder des droits qu’au dernier conjoint“, avançait l’exécutif dans la lettre de mission qu’il leur avait envoyée. Autrement dit, l’ex-épouse ne devrait pas recevoir de réversion, puisque le décès de son ancien mari n’affecte pas son niveau de vie à la baisse.

Cette option aurait mis en péril l’autre objectif de la réversion, qui est de compenser les inégalités au sein du couple. Pour l’éviter, l‘exécutif avait demandé à ses experts “[d’]examiner (…) si la prestation compensatoire“, l’indemnité fixée au moment de la séparation, “constitue un outil suffisant” pour compenser une suppression de la réversion. Mais leur rapport, publié le 12 février dernier, a pointé les “difficultés multiples” de ce scénario. “Les modalités de prise en compte de la perte des droits à réversion pour la divorcée sont sources de calculs aussi complexes qu’aléatoires“, souligne le document. Les deux auteurs ont aussi proposé une solution alternative, consistant à maintenir cet avantage pour les divorcés sous une forme remaniée. Une option finalement retenue par le gouvernement, comme annoncé le 14 février dernier.

Dans le système actuel, la pension de réversion du défunt est partagée entre sa dernière épouse et son (ou ses) ex-femme(s), en proportion des durées des différents mariages.Dans un cas où l’assuré décédé était resté 30 ans avec sa première femme et 10 ans avec la seconde, la première touche ainsi les trois quarts de la réversion. Après la réforme, les montants perçus par les conjointes seront indépendants. Celle qui était encore mariée avec le défunt recevra une somme calculée selon la règle des 70%, sans être amputée pour alimenter la pension de sa prédécesseuse. De son côté, l’ex-épouse percevra une pension de réversion fixée selon une formule spéciale. Son bonus sera égal à 55% de la retraite du défunt, multipliée par la proportion que représente la durée de mariage par rapport à sa carrière. En clair : si le conjoint décédé a travaillé pendant 42 ans et est resté pendant 21 ans avec son ex-femme, cette dernière recevra 22,5% de la pension (55 divisé par deux). A noter que le montant versé à l’ex-conjointe sera soumis à un plafond de ressources, dont le niveau n’a pas été précisé.

Source:    marianne                                     https://www.marianne.net/economie/reforme-des-pensions-de-reversion-mauvais-coup-pour-les-retraites-modestes-jackpot-pour-les?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR1diqrpC6y8YuqyZbokKguG2FOk1f246XwXIj3PEI-TYzfTzNOh6kDB0OA#Echobox=1582711242

 

 

HÔPITAUX : LE MINISTÈRE VA SUPPRIMER 16.000 LITS ET 22.000 POSTES

carte fermetures lits hopitaux

4 avril 2016

100.000 lits fermés en dix ans, un premier recul de l’espérance de vie en 2015, mais le gouvernement décide de continuer à fermer petits hôpitaux et petites maternités ! Depuis deux ans, les erreurs de soins se multiplient, mais l’administration renforce “un cercle vicieux de surcharge qui épuise les professionnels et désorganise les services” (expertise SECAFI APHP mars 2016)

Dans le cadre du plan de redres­se­ment des finan­ces publi­ques, le gou­ver­ne­ment a demandé aux hôpi­taux de réa­li­ser 3 mil­liards d’euros d’économies en trois ans, en fer­mant 10 % des lits en chi­rur­gie et méde­cine actuel­le­ment dis­po­ni­bles, soit 16.000 lits à fermer.

De telles restruc­tu­ra­tions ne pour­ront pas se faire sans tou­cher aux effec­tifs, car la masse sala­riale repré­sente 65 % du budget des établissements hos­pi­ta­liers. Ainsi, dans les hôpi­taux AP-HP, 2.353 emplois sta­tu­tai­res ont été sup­pri­més en 4 ans (rem­pla­cés par seu­le­ment 1.200 contrac­tuels), car chaque année l’AP-HP doit économiser 140 mil­lions de plus.

L’ONDAM, objec­tif natio­nal des dépen­ses d’assu­rance mala­die, est le mon­tant pré­vi­sion­nel établi annuel­le­ment pour les dépen­ses de l’assu­rance mala­die en France. Un ONDAM volon­tai­re­ment infé­rieur à l’infla­tion ces der­niè­res années a entrainé un défi­cit cumulé des 32 CHU Centre Hospitaliers Universitaires, qui dépasse les 200 mil­lions pour l’exer­cice de l’année 2014 : plans d’économies, plans de retour à l’équilibre, “effi­cience” condui­sent à des sup­pres­sions de postes et des fer­me­tu­res de lits dans tous les hôpi­taux. En 2016, l’ONDAM a été baissé à 1,75% (contre 2,1% en 2015) pour accé­lé­rer les fer­me­tu­res.

Quand la sup­pres­sion d’un ser­vice hos­pi­ta­lier est impos­si­ble, les agen­ces régio­na­les de santé (ARS) pro­po­sent une autre solu­tion : regrou­per les gardes sur un dépar­te­ment et mutua­li­ser les équipes de nuit.

D’après la carte dévoi­lée par Le Figaro, les régions les plus attein­tes par ces fer­me­tu­res de lits seront l’Alsace, qui en verra dis­pa­raî­tre 14% (soit 728 lits), la Lorraine 13% (896 lits) et autant pour la Franche-Comté (420 lits). Numériquement, l’Ile-de-France est la région qui va logi­que­ment en perdre le plus avec 3.108 lits en moins, soit une baisse de 12%.

“La pla­ni­fi­ca­tion de l’offre de soins a conduit, depuis 1992, à une réduc­tion impor­tante du nombre de lits d’hos­pi­ta­li­sa­tion com­plète (-100.000 lits envi­ron)”, pou­vait-on déjà lire dans le rap­port Larcher.

Créés par la loi de santé 2016, les futurs grou­pe­ments hos­pi­ta­liers de ter­ri­toire (GHT) orga­ni­sent des mutua­li­sa­tions de moyens qui vont se tra­duire par des sup­pres­sions de lits, d’acti­vi­tés, et d’emplois. Les mesu­res de res­tric­tions bud­gé­tai­res annon­cées par le gou­ver­ne­ment dans la Fonction Publique Hospitalière d’ici 2017 cor­res­pon­dent à la sup­pres­sion de 22 000 postes !

En France, pour la pre­mière fois depuis les années 60, l’espé­rance de vie à la nais­sance a dimi­nué en 2015, de 0,3 an pour les hommes et de 0,4 an pour les femmes, pour s’établir res­pec­ti­ve­ment à 78,9 ans et 85 ans, révèle l’Insee.

Les événement indé­si­ra­ble asso­cié aux soins (EIAS) aug­men­tent régu­liè­re­ment ces der­niè­res années. Pire les Événements indé­si­ra­bles graves (EIG) ont dou­blés en un an en Ile de France.

Ainsi, à l’AP-HP, qui repré­sente 10% de la fonc­tion publi­que hos­pi­ta­lière avec ses 38 hôpi­taux, on est ainsi passé :
- sur l’outil OSIRIS de 39.086 EIAS en 2010, à 57.933 en 2014 (+ 48%).
- de 21 EIG en 2013, à 46 EIG en 2014, et 75 EIG en 2015

Événements indé­si­ra­bles graves (EIG) : Évènement inat­tendu au regard de la prise en charge dont les consé­quen­ces ont un carac­tère de gra­vité pour le patient :
- gra­vité 4 : menace du pro­nos­tic vital, pas­sage en réa­ni­ma­tion et/ou au bloc opé­ra­toire
- gra­vité 5 : décès

Détails : http://www.syn­di­cat-infir­mier.com/Evenement-inde­si­ra­ble-asso­cie-aux.html

L’Arabie Saoudite décapite et crucifie 134 opposants politiques…dont des femmes et des adolescents

 

On peut faire confiance aux affirmations de Macron, Parly et Le Drian : jamais un tel régime n’utiliserait les armes françaises contre des civils ! Quel bel allié nous avons là, nous la pseudo-patrie des droits de l’homme (qui croit encore à ce slogan après les Gilets Jaunes ?) !

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Source : The Sun, 16 septembre 2019.

Traduction : lecridespeuples.fr

Les exécutions en Arabie Saoudite montent en flèche en 2019 : 134 personnes ont été crucifiées et décapitées, dont six enfants au moment de leur arrestation.

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Non, cette image n’est pas extraite d’un film…

Selon une organisation de défense des droits de l’homme, les victimes ont été torturées et massacrées selon des méthodes brutales, notamment la crucifixion et la décapitation.

La « hausse alarmante » des exécutions par l’État intervient malgré l’engagement du prince héritier Mohammed bin Salman de réduire le recours à la peine de mort.

Dans un rapport présenté au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, le Projet sur la peine de mort a révélé que 24 autres personnes sont « sur le point d’être exécutées ».

Ils comprennent trois enfants, d’éminents opposants politiques du prince héritier, des religieux et des militants des droits de l’homme.

Selon le rapport, au moins six adolescents ont été exécutés cette année après avoir été arrêtés pour de supposés « crimes » alors qu’ils étaient enfants.

Un événement organisé par le Projet sur la peine de mort a mis en lumière les « exécutions illégales et arbitraires » en Arabie Saoudite, ainsi que les atteintes aux droits humains des détenus et de leurs familles.

Les experts ont déclaré que ces abus avaient été « exacerbés par la torture systématique des détenus et des procès manifestement iniques aboutissant à des condamnations à mort ».

Parmi les personnes exécutées cette année, il y a trois femmes et 51 personnes qui faisaient face à des accusations – liées à la possession alléguée de drogue – qui seraient considérées comme des infractions mineures ailleurs dans le monde.

PEINE CAPITALE

Au moins 58 des personnes tuées étaient des ressortissants étrangers, et la plupart étaient accusées d’avoir propagé l’islam chiite – un crime dans cet État qui professe une école particulièrement extrémiste de l’Islam sunnite, le wahhabisme.

Il y avait 21 Pakistanais, 15 Yéménites, cinq Syriens et quatre Égyptiens.

Deux Jordaniens, deux Nigérians, un Somalien et deux de nations non identifiées ont également été inclus dans les chiffres.

Le 22 avril, le régime saoudien barbare a procédé à une horrible exécution de masse, faisant 37 morts.

Une victime a été crucifiée et une autre a eu la tête empalée sur une lance.

Les personnes tuées pendant ce bain de sang de décapitations avaient toutes été reconnues coupables de prétendues « infractions liées au terrorisme », des accusations qui englobent la simple dénonciation du régime Saoud.

ADOLESCENTS MASSACRES

Abdelkarim al Hawaj a été arrêté alors qu’il participait à une manifestation antigouvernementale alors qu’il n’avait que 16 ans.

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Abdelkarim al-Hawaj

Il a été reconnu coupable d’être un « terroriste » lors d’un procès qualifié de « farce » par Amnesty International.

Il a eu la tête tranchée devant une foule déchainée et assoiffée de sang avec 36 autres hommes de ce pays médiéval.

Au moins un des corps aurait été crucifié et exposé à la suite de l’exécution.

La condamnation à mort d’une personne âgée de moins de 18 ans est interdite par le droit international.

PARODIES DE PROCES

Une autre victime, Mujtaba al-Sweikat, était un adolescent qui était sur le point de commencer une nouvelle vie aux États-Unis. Il devait étudier à la Western Michigan University, mais il a été arrêté pour avoir diffusé une information sur une manifestation antigouvernementale à laquelle il a participé.

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Mujtaba al-Sweikat

L’adolescent de 17 ans, alors inscrit en cursus d’Anglais et de Finances, a été violemment battu, notamment sur la plante des pieds, avant de « confesser » des crimes contre l’État.

Des organisations de défense des droits de l’homme affirment qu’il a également été torturé afin d’obtenir cette « confession » et condamné dans un « simulacre de procès ».

Les chiffres alarmants viennent malgré la promesse de Bin Salman de « minimiser » le recours à la peine capitale.

Dans une interview accordée au magazine Time en 2018, il a déclaré :

« Il existe quelques domaines dans lesquels nous pouvons changer (ou réduire la peine) de l’exécution à l’emprisonnement à vie.

Nous travaillons donc depuis deux ans au sein du gouvernement et du parlement saoudiens pour élaborer de nouvelles lois dans ce domaine.

Et nous pensons qu’il faudra un an, peut-être un peu plus, pour y parvenir… Nous n’abolirons pas 100% des peines de mort, mais nous les réduirons de beaucoup. »

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SOURCE:    https://blogs.mediapart.fr/le-cri-des-peuples/blog/230919/l-arabie-saoudite-decapite-et-crucifie-134-opposants-politiques?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-66&fbclid=IwAR33vLpeF-V2NVxhkBtnakanF3PobR4u7c_hv5nJIJwfiaF3Dl8yRjIuHxA

Les fongicides dans l’eau potable aggraveraient la maladie d’Alzheimer, selon des chercheurs du CNRS

« L’exposition chronique aux fongicides, même à de très faibles doses, exacerbe les marqueurs de la maladie d’Alzheimer tels que les dépôts amyloïdes et l’inflammation » : telle est la conclusion d’une étude française publiée début février 2020 dans la revue Environmental Health Perspectives. Les fongicides concernés sont des anilinopyrimidines, fréquemment retrouvés dans l’alimentation des Français et leur environnement.

Pour mimer cette contamination silencieuse, les chercheurs ont réalisé une expérience sur des souris transgéniques, modèles de la maladie d’Alzheimer, traités avec un cocktail des trois antifongiques (cyprodinil, mépanipyrim et pyriméthanil) à la dose de 0.1 μg/L. Soit la dose réglementaire à ne pas dépasser dans l’eau potable selon la réglementation européenne.

« Les résultats suggèrent un lien possible entre l’exposition chronique aux résidus de fongicides et une aggravation de l’angiopathie amyloïde cérébrale » (une maladie cérébro-vasculaire fortement associée avec la maladie d’Alzheimer), peut-on lire dans un communiqué du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) évoquant cette étude.

Des liens entre pesticides et maladie d’Alzheimer ont déjà été soulignés. En octobre 2019, Reporterre avait interrogé le directeur de recherche au CNRS Pierre Rustin, qui donnait l’alerte sur la toxicité des pesticides SDHI. Il évoquait notamment une étude menée par un membre de son équipe :

Elle montre que des cellules humaines normales meurent en présence d’une faible concentration de SDHI, et que les cellules de patients Alzheimer meurent plus vite. Comme ce sont des maladies où les mitochondries ne marchent déjà pas bien, quand l’on ajoute des inhibiteurs touchant les mitochondries, on a une mort cellulaire encore plus rapide. »

18 février 2020

Des doses réglementaires de fongicides dans l’eau exacerbent les marqueurs d’Alzheimer

06 février 2020

RÉSULTATS SCIENTIFIQUES NEUROSCIENCE, COGNITION

Notre environnement est contaminé par de multiples résidus de pesticides dont l’impact à long terme sur la santé des populations est sujet à débats et inquiétudes. Afin de mimer cette exposition chronique à bas bruit, les chercheurs ont traité des souris transgéniques, modèle de la maladie d’Alzheimer avec un cocktail de composés antifongiques, à la dose réglementaire de 0.1 μg/L, présents dans l’eau de boisson. Les résultats, publiés dans la revue Environmental Health Perspectives, montrent que l’exposition chronique aux fongicides, même à de très faibles doses, exacerbe les marqueurs de la maladie d’Alzheimer tels que les dépôts amyloïdes et l’inflammation.

L’emploi massif de pesticides entraîne une pollution de tous les milieux (air, eaux, sols) et une contamination des denrées alimentaires par de multiples résidus. Il est difficile de déterminer les effets à long terme sur la santé humaine de l’exposition chronique à ces multiples résidus, c’est pourquoi il est important de mimer cette contamination silencieuse dans des modèles animaux. Le vaste choix de molécules présentes sur le marché allié à la multiplicité des combinaisons de résidus de pesticides peut vite compliquer la tâche. Cependant, une famille de composés antifongiques de la classe des anilinopyrimidines a particulièrement retenu l’attention des chercheurs étant donné la fréquence des résidus de cyprodinil, de mepanipyrim et de pyrimethanil retrouvés dans l’alimentation des français (Etude ANSES TDS2, 2011) et leur environnement.

Pour répondre à la question de l’impact de ces résidus sur la pathologie d’Alzheimer, les expériences ont consisté à mimer une exposition chimique à bas bruit. Des souris transgéniques J20, un modèle de la maladie d’Alzheimer et de l’angiopathie amyloïde cérébrale, ont été traitées par un cocktail des 3 antifongiques (cyprodinil, mepanipyrim et pyriméthanil) chacun à la dose de 0.1 μg/L (correspondant à 0.5 nM) dans l’eau de boisson, pendant 9 mois. La dose choisie est celle à ne pas dépasser dans l’eau potable (0.1 μg/L pour un pesticide et 0.5 μg/L en cocktail, selon la réglementation européenne n°98/83/CE révisée le 08/11/2018).

Les souris traitées au cocktail de pesticides à faibles doses présentent une forte augmentation du nombre et de la taille des plaques amyloïdes dans le cerveau, à la fois dans l’hippocampe et le cortex. Une aggravation des marqueurs de l’inflammation astrocytaire et microgliale a également été montrée, ainsi qu’un taux élevé de certaines interleukines dans le cerveau des animaux. Une étude dans le temps de l’apparition des plaques amyloïdes à 3, 6 et 9 mois a été réalisée par imagerie biphotonique. Les résultats montrent que les souris traitées aux pesticides ont une augmentation d’un facteur 18 du volume des agrégats amyloïdes vasculaires dans le cortex superficiel entre 6 et 9 mois d’âge. Ces plaques vasculaires sont réminiscentes d’une angiopathie amyloïde cérébrale.

Pour conclure, ces données montrent que les composés antifongiques de la famille des anilinopyrimidines aggravent les marqueurs principaux de la maladie d’Alzheimer, même à très faibles doses. Ces résultats suggèrent un lien possible entre l’exposition chronique aux résidus de fongicides et une aggravation de l’angiopathie amyloïde cérébrale (AAC). La présence d’AAC autour des vaisseaux sanguins conduit souvent à des hémorragies cérébrales, une comorbidité de la maladie d’Alzheimer.

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© Pierre-André Lafon & Véronique PerrierFigure :  Analyses des plaques amyloïdes dans le cortex superficiel des souris transgéniques J20, exposées à un cocktail de cyprodinil, mépanipyrim et pyriméthanil à 0.1 µg/L pendant 9 mois, par microscopie à 2 photons. (A) Souris contrôles traitées par le solvant seul DMSO, et (B) souris traitées par le cocktail de pesticides, imagerie réalisée sur le même animal à 3, 6 et 9 mois post-traitement. Le dextran-FITC marque les vaisseaux sanguins en vert et les plaques amyloïdes sont marquées par le Methoxy-XO4, visualisé en rouge. Les flèches et pointes blanches indiquent la présence d’agrégats vasculaires, tandis que les ronds bleus indiquent les agrégats parenchymaux. (C) Quantification du nombre des agrégats vasculaires à 3, 6 et 9 mois post-traitement chez les souris traitées par les fongicides (ligne rouge) et les souris contrôles traitées au DMSO (ligne bleue). (D) Quantification du volume des agrégats vasculaires à 3, 6 et 9 mois post-traitement chez les souris traitées par les fongicides (ligne rouge) et les souris contrôles traitées au DMSO (ligne bleue). (Two-way ANOVA, * p ˂ 0.05, n=9). (images obtenues en collaboration équipe Dr. Jeanneteau, Plateforme IPAM, IGF, Montpellier).

Pour en savoir plus :

Fungicide Residues Exposure and β-amyloid Aggregation in a Mouse Model of Alzheimer’s Disease.
Lafon PA, Wang Y, Arango-Lievano M, Torrent J, Salvador-Prince L, Mansuy M, Mestre-Francès N, Givalois L, Liu J, Mercader JV, Jeanneteau F, Desrumaux C, Perrier V.
Environ Health Perspect. 2020 Jan;128(1):17011. doi: 10.1289/EHP5550Epub 2020 Jan 15

Laboratoire :

Laboratoire MMDN (Université de Montpellier/Inserm/EPHE)
Place Eugène Bataillon
34095 Montpellier Cedex 05

source: cnrs    https://insb.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/des-doses-reglementaires-de-fongicides-dans-leau-exacerbent-les-marqueurs-dalzheimer

80% des sols agricoles européens sont gorgés de pesticides.

Image may contain: sky, cloud and outdoor, text that says '80% DES SOLS AGRICOLES SONT GORGÉS DE PESTICIDES. Selon une vaste étude, Pesticide residues in European agricultural soils hidden reality unfolded, dont les résultats ont été publiés en 2019 basta! www.bastamag.ne'

D’après des tests réalisés en septembre 2019 sur leurs cheveux, Catherine et Enya ont le corps imprégné de diverses molécules contenues dans des #pesticides. Citons par exemple le thiram, principe actif d’un fongicide intégré dans les semences de maïs. Neurotoxique, attaquant le foie, le sang et le système urinaire, il est interdit depuis quelques jours seulement. « Vu la quantité de maïs cultivée autour de chez elles, ce n’est pas très étonnant que l’on retrouve de tels produits », remarque l’agronome Hervé Gillet.

Les couloirs de ruissellement qui strient le terrain de Catherine ont-ils charrié des polluants venus de parcelles situées à plusieurs dizaines de kilomètres ? À cette éventualité s’ajoute la contamination des sols, problème fondamental selon Hervé Gillet, qui rappelle que lorsque les agriculteurs travaillent la terre, en période sèche, ils mettent en suspension quantité de poussières qui peuvent être gravement contaminées. Selon une vaste étude dont les résultats ont été publiés l’année dernière, 80% des sols agricoles européens sont gorgés de pesticides (https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0048969718343420). Plus les particules sont fines, plus le risque de contamination est important.

#Agriculture #StopPesticides